• Hé ! Les marmottes ! Réveillez-vous !

     

     

     

    Autrefois, la «perle des villes d’eau» n’était pas station d’été et station d’hiver.Avec l’automne, Aix-les-Bains prenait une physionomie fort différente de sa physionomie d’été. L’un après l’autre, les rideaux de fer des magasins de luxe s’abaissaient. Le Grand Cercle, la Villa des fleurs, encore distincts, fermaient leurs portes. Les hôtels n’étaient plus que de grandes façades blanches à volets clos. On restait vraiment entre soi, petit nombre encore réduit par le départ, pour le Midi, d’une partie du contingent indigène.

    On pouvait parcourir, alors, plusieurs rues sans rencontrer plus d’une ou deux silhouettes pressées.

     

    En cette époque-là, un voyageur de commerce, un Parisien, paraît-il, avait débarqué chez nous. Arrivé sur la place Carnot, il voulut montrer qu’il avait de l’esprit. S’asseyant dans la brouette chargée de ses bagages, il se mit à clamer la main en cornet :

    - Ohé ! Les marmottes ! Réveillez-vous, les marmottes !

    Son porteur n’était qu’un Savoyard, mais il ne manquait ni tout à fait d’esprit, ni d’esprit de décision. Se saisissant des brancards de la brouette, sans donner le temps au Parisien de mettre pied à terre, il la fit tourner, à bout de bras, tel un carrousel fou, malgré les objurgations du voyageur, secoué comme un sac de noix.

     

    Et il répétait à tue-tête, mais d’un ton de montagnard combien plus sonore que le fausset de l’autre :

    - Ohé ! Les marmottes ! Réveillez-vous les marmottes !

    De tous les coins de la place, on accourut, devinant qu’il s’agissait d’une bonne farce.

    Enfin, le porteur s’arrêta. Sa victime, affalée, la tête vide, le coeur sur les lèvres, gémissait encore.

    - Qu’est-ce qui arrive, Toine ? demanda quelqu’un.

    - Paraît que Paris nous envoie des marmottes ! expliqua Toine. C’est ce monsieur-là, qui les apporte dans ses valises. Il a voulu les réveiller. Je lui ai donné comme qui dirait un coup de main.

     

     

     

     

     

    Dent du Chat Lac du Bourget

    Dent du Chat

     

     

     

    Un Parisien, venu chez nous, pour y voir des marmottes, ne découvre, au cours de ses excursions que monts splendides, lacs bleus comme des morceaux de ciel tombés, torrents vertigineux, forêts, rendez-vous de toutes les essences, alpages où tintent les clarines. De ces beautés offertes

     

    ... Notre homme ne voit rien

    Une seule chose lui trotte

    Par la tête : « J’espère bien »,

    Dit-il, « Voir enfin la marmotte » !

     

    Un Savoyard, las de l’entendre grommeler, se penche à son oreille pour l’inviter à prendre patience : « J’ai, assura-il ...

     

    ... appris

    Par un de vos compatriotes,

    Que, puisqu’on en manque, Paris

    Va nous envoyer ses marmottes ! « 

     

     

     

     

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  • Commentaires

    3
    winckel pierre mihai
    Vendredi 13 Juillet 2012 à 17:10
    winckel pierre mihai

     bien chere madame je trouve que votre blog est sympathique 

    il ya de belle photo j'aime beaucoup bonne continuation a vous 

     

    pierre mihai marian winckel

    2
    Mercredi 2 Mars 2011 à 10:42
    virjaja

    c''est tout moi ça...dès que je vois une montagne, je cherche les marmottes...mon arrière grand-père allait faire des concours de peche a Aix les Bains...dans les années 30! gros bisous. cathy

    1
    Samedi 26 Février 2011 à 15:16
    Oo° Kri °oO

    Sourire ... il faut qu'annie La Marmotte lise ca :-)

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