• Pour la communauté " Le casse tête de la semaine ". 

     

    Maman et moi

    Maman et moi, le jour de mon baptême.

     

    La corde d'enfance

     

    O mon Dieu rendez-moi mon petit coeur d'enfant,

    Ce coeur vierge d'amour, d'élan et de tendresse,

    Vierge de souvenirs et de toute détresse

    Que n'a pas défloré le désir étouffant.

     

    O mon Dieu vous savez que mon coeur est bouffant

    De sombre désespoir, avide de caresse,

    Qu'il adore toujours l'impossible déesse

    D'un amour exclusif et jaloux, qui le fend.

     

    O mon Dieu s'il m'arrive parfois de prier

    Simplement - seul toujours - votre miséricorde,

    C'est que l'enfant qui souffre a besoin de crier.

     

    C'est donc qu'il reste encore en ce coeur une corde

    Avide de Beauté, d'entière Pureté,

    Et que n'a pas pu briser, Destin, ta dureté.

     

    Paul Bulliard ( 1911-1943 ).

     

    Moi 1972

    J'ai 8 ans.

     

    Un poème triste et nostalgique que Paul Bulliard a édité en 1939. Il avait trouvé dans la poésie, un moyen de communier avec sa jeune soeur décédée de la tuberculose à l'âge de 15 ans. Il décède à 32 ans de la même maladie.

     

    Un moyen aussi pour moi de vous montrer la belle gosse que j'étais jusqu'à mes 8 ans .


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  • Pour le " Casse tête de la semaine ".

    Quoi de plus transparent que le lac d'Annecy qui a inspiré tant de poètes ?

     

    " Devant moi le lac, le beau lac bleu turquoise, mais turquoise comme s'il était transparent ".

    Albert Samain, 1893.

     

     

    Annecy

     

     

    Rêve d'automne

     

    La maisonnette est blanche et ses volets sont verts,

    Au pied du Veyrier elle est assise et plane

    Sur le lac d'Annecy, dont les bords sont couverts

    De noyers jaunissants : son onde diaphane,

    Frais miroir transparent,

    Reflète la beauté

    D'un paysage alpestre et ses rochers noirâtres,

    Ses prés, ses grands sapins, leur sombre majesté,

    Puis, la lueur des feux allumés par les pâtres

    Lorsque la nuit descend sur les monts sourcilleux.

     

    Eugène Süe, 1858.

     

    Annecy

     



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  • 100 4872

     

    Dans l'interminable

    Ennui de la plaine,

    La neige incertaine

    Luit comme du sable.

     

    Le ciel est de cuivre

    Sans lueur aucune,

    On croirait voir vivre

    Et mourir la lune.

     

    100 4892

     

    Comme des nuées

    Flottent gris les chênes

    Des forêts prochaines

    Parmi les buées.

     

    Le ciel est de cuivre

    Sans lueur aucune.

    On croirait voir vivre

    Et mourir la lune.

     

    100 4874

     

    Corneille poussive

    Et vous, les loups maigres,

    Par ces bises aigres

    Quoi donc vous arrive ?

     

    Dans l'interminable

    Ennui de la plaine

    La neige incertaine

    Luit comme du sable.

     

    Paul Verlaine, Romances sans paroles, 1874.

     

    Pour la communauté " Entre ombre et lumière ".

    Photos prises à Hauteville Lompnès ( Ain ).


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  • Pour la communauté " Entre ombre et lumière ", réflexions sur les fenêtres.

     

    Les fenêtres, avec leurs rideaux, nous montre la réalité sous un autre jour.

     

    Qu'on soit à l'intérieur ...

     

    100 3954

     

    La vie colorée de rouge vue de ma cuisine.

     

    100 3956

     

    Le cerisier et les voiliers.

     

    ... ou à l'extérieur.

     

    Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n'est pas d'objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu'une fenêtre éclairée d'une chandelle. Ce qu'on peut voir au soleil et toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie.

     

    Par delà des vagues de toits, j'aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais. Avec son visage, avec son vêtement, avec presque rien, j'ai refait l'histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant.

     

    Si c'eût été un pauvre vieux homme, j'aurais refait la sienne tout aussi aisément.

     

    Et je me couche, fier d'avoir vécu et souffert dans d'autres que moi-même.

     

    Peut-être me direz-vous : " Es-tu sûr que cette légende soit la vraie ? ". Qu'importe ce que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m'a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis.

     

    Charles Baudelaire, " Les fenêtres ", 1869.


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  • Pour le " Casse tête de la semaine ".

     

    Les deux chèvres.

     

    Dès que les chèvres ont brouté,

    Certain esprit de liberté

    Leur fait chercher fortune; elles vont en voyage

    Vers les endroits du pâturage

    Les moins fréquentés des humains.

    Là s'il est queque lieu sans route et sans chemins,

    Un rocher, quelque mont pendant en précipices,

    C'est où ces Dames vont promener leurs caprices;

    Rien ne peut arrêter cet animal grimpant.

    Deux chèvres donc s'émancipant,

    Toutes deux ayant patte blanche,

    Quittèrent les bas prés, chacune de sa part.

    L'une vers l'autre allait pour quelque bon hasard.

    Un ruisseau se rencontre, et pour pont une planche.

    Deux Belettes à peine auraient passé de front

    Sur ce pont;

    D'ailleurs, l'onde rapide et le ruisseau profond

    Devaient faire trembler de peur ces Amazones.

    Malgré tant de dangers, l'une de ces personnes

    Pose un pied sur la planche, et l'autre en fait autant.

    Je m'imagine voir avec Louis le Grand

    Philippe Quatre qui s'avance

    Dans l'île de la Conférence.

    Ainsi s'avançaient pas à pas,

    Nez à nez, nos Aventurières,

    Qui, toutes deux étant fort fières,

    Vers le milieu du pont ne se voulurent pas

    L'une à l'autre céder. Elles avaient la gloire

    De compter dans leur race ( à ce que dit l'Histoire )

    L'une certaine Chèvre au mérite sans pair

    Dont Polyphème fit présent à Galatée,

    Et l'autre la chèvre Amalthée,

    Par qui fut nourri Jupiter.

    Faute de reculer, leur chute fut commune;

    Toutes deux tombèrent dans l'eau.

    Cet accident n'est pas nouveau

    Dans le chemin de la Fortune.

     

    Jean de La Fontaine, livre XII, fable 4, 1693.

     

    Chèvres

    Découvertes à Brens lors d'une balade. Cinq chèvres acrobates et pas farouches.

    Ne sont-elles pas adorables ?

     


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