• Départ en vacances pour quelques jours.

    Je suis fatiguée, vidée de mon énergie. J'espère que ce dépaysement me sera bénéfique physiquement et moralement.

    Je vous laisse deviner où je vais ... wink2

     

     

    Bises, à bientôt.

     

    Vous êtes une quinzaine à m'avoir envoyé votre photo pour mon anniblog. J'espère en recevoir beaucoup d'autres. Même si je serai loin de la blogo ces quelques jours, je serai heureuse, à mon retour, de retrouver votre participation dans ma boite mail. Pour plus de précisions sur le jeu, c'est ICI


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  • Pour la communauté " Entre ombre et lumière ".

     

    Notre boîte aux lettres jadis porteuse de nouvelles d'amis partis en vacances, de lettres d'amitié, d'amour ... ne sert aujourd'hui qu'à recevoir factures et papiers administratifs.

    Et je suis nostalgique de ce temps où jeune fille, j'attendais le facteur qui m'amenait des lettres de mes amis.

     

    Même si Noël est bien loin, j'ai pensé à ce joli conte de Paul Gambérini paru dans le Ballad'Ain.

     

    Il était une fois une petite boite aux lettres qui se languissait dans le froid de l’hiver. Accrochée sur un poteau bancal elle bordait le chemin d’une vieille chaumière profondément enfouie sous la neige.

    Fond avec boîte aux lettres ballad et vousLe silence était total et rien ne semblait perturber l’espace immaculé d’un conte de Noël. Une légère fumée grise caressait les nuages indiquant que la vie existait là, chaudement calfeutrée autour de grosses buches crépitantes, libérant de bonnes odeurs de bois consumé.

    Tout semblait reposer dans un immobilisme propice au calme et à la méditation. La petite boite aux lettres se confondait, elle aussi, dans cette impression en donnant libre cours à la mélancolie de ses souvenirs.
    Au temps où tout ce qui faisait le bonheur, les joies et même les tristesses de la chaumière transitait par son intermédiaire en suscitant de belles émotions ou de profondes afflictions.
    Depuis les choses avaient bien changé, le vieux facteur aux pas usés avait pris sa retraite et les communications s’envolaient désormais dans des réseaux saturés, sans autres romances que la spontanéité des échanges, privés de rêves ou d’imaginaires.

    Elle ne servait plus qu’à recueillir des publicités ou des agaceries officielles qui ne lui valaient que de l’indifférence. Bref, elle déprimait.

    Mais la magie du moment se révéla de nouveau avec ses surprises de saison. La neige ajouta des couches de neige à la neige au point de tout faire disparaitre dans un isolement total. La chaumière retrouva des ambiances de vieilles traditions, faites de bougies, de simplicités et d’ennuis mortels pour les plus dépendants. L’un deux remarqua que la petite boite aux lettres, chargée de neige, menaçait de s’affaisser, comme un vieux serviteur négligé qui se couche avant de disparaître. On fit l’effort d’intervenir et là on découvrit une lettre encore protégée dont la lecture créa la surprise.
    On pouvait lire : « De la part de votre petite boite aux lettres qui ne vous oubliera jamais et qui vous souhaite, à tous, de très bonnes fêtes et beaucoup de bonheur. »

    Profondément touché par ce message on s’interrogea sur sa provenance ?
    Peut-être était-ce le fait du vieux facteur aux pas usés qui avait pris sa retraite.
    Il n’y eu pas de réponse mais la petite boite aux lettres retrouva l’affection de la chaumière et avec elle les plaisirs et les bienfaits des mystères de Noël.

     

    Paul Gamberini


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  •  Pour la communauté " Entre ombre et lumière ".

     

     

    Au moment de la veillée,

    Une vieille de cent ans

    Qui filait sa quenouillée

    Nous a dit : " Mes chers enfants

    Tout grands garçons que vous êtes,

    J'ai fait vos premiers habits ;

    J'ai filé les chemisettes

    De tous les gâs du pays.

     

    Ma joue, autrefois rosée,

    Sous la chandelle a pâli

    Pour que la jeune Epousée

    Ait des draps fins dans son lit ;

    Sans aller dans les églises,

    Chez moi je priais tout bas

    Tout en filant des chemises

    Pour ceux qui n'en avaient pas.

     

    Si je filais les Dimanches

    Dieu n'en sera point fâché,

    Car j'ai fait des nappes blanches 

    Pour la Cure et l'Evêché ...

    Mais comme à la Mort je glisse,

    Que bientôt l'Ankou viendra,

    Pour que l'on m'ensevelisse

    Je m'en vas filer mon drap !... "

     

    Or, voilà qu'à la nuit même

    Le fil de lin se cassa,

    Que, lorsque vint le jour blême,

    La fileuse trépassa ...

    Celle qui, sa vie entière,

    Pour les gueux allait, filant,

    Fut couchée au cimetière

    Sans un bout de linge blanc !

    Le gâs dont la main calleuse

    Dans sa boîte la clouait,

    Sur le coeur de la fileuse

    Posa le pauvre rouet ...

    Et, depuis, quand la nuit tombe,

    Un rouet tourne tout seul :

    C'est la Vieille dans sa tombe

    Qui doit filer son linceul ...

     

    La légende du rouet, Théodore Botrel, 1923.

     

    La légende du rouet


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  • Une belle résolution que je vais essayer de tenir malgré toute la pudeur qui me caractérise.

    Car sans eux, sans elles, je ne serais même pas la moitié de moi-même.

      

     

    Et puis, si je n'y arrive pas, je vais essayer de leur montrer.


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  • En ce jour de Noël 2014, la magie avait opéré.

    Un autre conte de Noël de Paul Gambérini.

     

    Il était une fois un panneau de signalisation planté à l’orée d’une petite rue. D’une apparence usuelle on pouvait dire qu’il était banal si on ne l’imaginait pas autrement que passif, juste pour faire son boulot de balise silencieuse, froide et sévère. Car vouloir lui prêter des sentiments ou des émotions, semblables à ce que nous pouvons ressentir, ne serait pas de mise si on n’était pas dans un conte de Noël, d’autant que ce panneau-là était vraiment tristounet.

    Et pour cause. Alors qu’il aurait souhaité servir des orientations plus nobles, comme celles d’indiquer un théâtre, une école de musique, un musée, une maternité ou même assurer la protection des chevreuils ou des grenouilles en rase campagne, le sort en avait décidé autrement. Au lieu de cela on l’avait affublé d’une interdiction saisonnière surprenante, en lettres administrativement appliquées : « Rue interdite au Père Noël ». De quoi frustrer les espérances de plusieurs bambins du 25 décembre.

    Les passants débonnaires se demandaient comment pouvait-on empêcher le Père Noël de faire ses distributions, alors que lui-seul avait la juste mesure des récompenses à attribuer. Il est fort possible qu’un fonctionnaire, trop zélé, ait voulu sanctionner des comportements de gamins turbulents dans une rue délaissée par une municipalité calfeutrée dans son confort de condescendance. Mais c’était ainsi et pour notre panneau il lui était difficile de compter ses amis car il subissait la vindicte générale des riverains immédiats, lesquels n’en finissaient pas de subir des interdits de toutes espèces.

    Ne fais pas ci ne dits pas ça : c’était lassant. Comme si on voulait réduire les libertés précieuses issues des plus lointaines traditions révolutionnaires. Bref, les gamins lui lançaient des cailloux, les adultes le maudissaient, une vieille dame l’insultait quotidiennement, les chiens le fréquentaient abusivement et les pigeons se laissaient aller sur cette cible incongrue. Ce devoir d’interdit lui était infernal et rien n’aurait pu le sortir de cette situation désespérée sans les bienfaits d’une heureuse providence de Noël.

    C’était un vieux bonhomme du nom de Léon dit « Le Bouchon » un de ces marginaux authentiques qui existait dans un univers parallèle, démuni de tout mais prompt à tout donner de ce qu’il n’avait jamais possédé. Ses habitudes le rendaient souvent titubant autour d’un poteau ou d’un réverbère familier.

    Quant à son haleine, elle dégageait un souffle capable de vous descendre, d’un coup, les douze points, solidement accrochés, d’un honorable permis de conduire.

    Autant dire que sa lucidité, chargée au-delà des grammes fatidiques, lui permettait cet extraordinaire avantage de pouvoir parler aux panneaux de signalisation. C’est ce qu’il fit un soir, alors qu’il regagnait sa demeure, sise dans notre petite rue. Le dialogue qui s’ensuivit ne peut pas être décodé en termes intelligibles tant il appartient aux mystères des bafouillages imbibés, mais les conséquences en furent décisives. Le bonhomme comprit qu’on en voulait au Père Noël, un vieux copain à lui, disait-il, alors qu’il reprenait partiellement l’usage de son équilibre.

    Après plusieurs jours de difficiles abstinences il rassembla les gamins de la rue, histoire de trouver, avec eux, l’inspiration la plus lumineuse du moment. Une petite fille, du nom de Suzanne, se montra astucieuse. Elle lui dit doucement : « Papy Bouchon, si t’arrêtes de boire, plus jamais, le Père Noël ne nous oubliera pas, j’en suis sûre ! »

    Le bonhomme la regarda et dans ses grands yeux bleus, suppliants, il mesura l’espoir de tous ces gamins qui le fixaient comme s’il détenait, lui-seul, le pouvoir de leur immense bonheur. Il hésita, puis, mû par une douceur de saison il prononça, de façon solennelle, ce que le ciel de Noël attendait depuis longtemps.

    Avec force et conviction il promit de ne plus jamais boire une seule goutte de toutes ces fioles, de ces bouteilles ou chopines de bistrots si le Père Noël bravait les interdits pour satisfaire aux désirs de son jeune entourage, tous gamins, gamines, chenapans délurés, galopins de quartiers, gavroches de toujours.Par les mystères des communications particulières la tour de contrôle du Père Noël en fut informée immédiatement. Le Père Noël se caressa longuement la barbe blanche en murmurant : « Ainsi cette vieille canaille de Léon renoncerait à picoler, ça, on va bien voir ! »

    Et c’est ainsi qu’au soir de Noël la petite rue fut jonchée de cadeaux, de récompenses et de douceurs, dans une lumière qui ressemblait étrangement à celle de l’aurore boréale. Jamais l’abstinence d’un seul bonhomme n’avait procuré autant de réjouissances. Quant à notre fameux panneau de signalisation il fut heureux et fier de recevoir une nouvelle plaque sur laquelle on pouvait lire : Rue Léon dit le « Bouchon », poivrot notoire, sevré par le Père Noël. Noël 2014

     Paul Gamberini

     

     Joyeux Noël à vous tous.

     


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